21 mai 2012
vacaaaances je te veux!
Avec Chéri hier, on a eu le malheur de parler vacances... C'est un malheur parce que ça donne envie de partir mais cette année encore, c'est compromis. On va se retrouver à faire une journée plage pour faire plaisir aux enfants, à faire quelques pâtés de sable, à manger un sandwich au sable, et à enlever le sable entre les orteils.
Mais avec Chéri, on voit grand. On n'aime pas trop le sud, tous les touristes qui s'agglutinent sur quelques centimètres carré de serviettes, tout englués de crème solaire, on voudrait sortir des sentiers battus, aller là où il n'y a personne, là où la nature est sauvage...
Nos destinations : l'Australie, le Canada, l'Islande... Bref, que du lourd, pas le Cap d'Agde.
Mais les p'tits sont encore trop jeunes. Tu nous imagines à 4 dans l'avion, complètement vannés par une dizaine d'heures de décalage horaire, la p'tite réclamant un biberon à deux heures du mat', Canaille qui traine des pieds, Chéri qui ne parle pas un mot d'anglais... Non, moi je ne pars pas avec un sac complet de couches, du lait de croissance ou les doudoux. C'est bien simple : je pars avec un maillot de bain, une paire de basket et du savon. L'appareil photo, une carte routière et du paracétamol. Une paire de lunettes de soleil, une paire de tongs et de la bonne humeur. Pas plus.*
C'est beau, les rêves!
* Ou alors juste une ou deux valises de vêtements.
17 mai 2012
Je m'ennuie car le mois de mai = fin des saisons de séries, il va encore falloir attendre septembre pour retrouver nos personnages favoris. Sauf Desperate Housewives qui vient de se terminer définitivement et j'ai pleuré comme une Madeleine (hah ouais, on se refait pas). Je suppose que si tu me lis c'est que tu t'ennuies aussi (si c'est le cas, retourne bosser petit fainéant.)
Notre salle de bain est officiellement finie, après 7 mois de brossage des dents dans l'évier de la cuisine. Ça fait "déjà" 7 mois qu'on est dans la nouvelle maison, et on a encore des milliards de choses à faire! C'est dingue quand même! - Si tu voyais l'état de notre chambre... N'étant pas prioritaire, on fera notre armoire à la fin, et tout est encore à terre, c'est charmant!
J'aimerais aussi changer ce qui était là "avant". Enfin, peut-être pas tout parce qu'on est d'accord que ça ne m'enchanterait pas tant que ça de changer la machine à laver ou la télé maintenant.
Mais rien ne m'attache à mon "ancienne" vie, je ne regrette pas du tout notre maison précédente, ni le quartier, ni l'atmosphère. Pourtant, j'aime bien me rappeler des moments où mes enfants étaient bébés, je regarde souvent les photos, mais je ne ferais demi-tour pour rien au monde.
Alors je change la garde-robe des enfants sans remord, je donne les anciens vêtements trop petits sans pincement au coeur. Je leur rachète des chaussures, des nouveaux chapeaux pour l'été... Une de mes plantes vient de rendre l'âme, je l'avais eu à la naissance de mon fils soit il y a 4 ans, eh bien ça ne m'a fait bizarre de m'en débarasser. J'ai eu un bonzaï à notre pendaison de crémaillère, alors il a pris sa place. Ma fille casse un verre? Bof, pas grave, ils se faisaient vieux, j'en achèterai des plus beaux. Exit mes bottes dont les talons sont déchiquetés (bah oui, les trajets maison-école me font faire 40 minutes de marche par jour), de toute façon c'est l'été.
Pas de regrets pour le matériel!
Mes seuls souvenirs, ce sont les photos, qui prennent déjà un peu de place, ce sera largement suffisant!
15 mai 2012
[Là où mon fils prend le contrôle]
Ma mère se sent un peu fatiguée en ce moment (le fait que je me réveille à 6h30 tous les jours, même les dimanches et jours fériés, en criant "mamaaan on va à l'école!??" n'arrange pas les choses, dit-elle), elle a donc commencé une cure de vitamines C et de magnésium, mais au bout d'une semaine elle ne voit pas les effets. C'est donc à moi, Canaille, de prendre les rênes et le clavier et je vais commencer ma carrière d'apprenti-journaliste avec un article sur notre week-end, dans un parc animalier de Belgique.
On se lève à 7h et on va chercher mon tonton, ma tatie et mon cousin.... et tonton nous accueille en robe de chambre. Mais moi ça me permet de jouer avec mon couz' qui partage la même passion que moi : les voitures!
On part à 9h30 pour une heure de route. Ce qui est sympa, c'est qu'il n'y a pas grand monde.
On commence par visiter "L'Oasis", un endroit couvert avec des espèces tropicales.
Dans les enclos, il y a un drôle d'oiseau gros comme une poule, bleu comme un canard et coiffé comme un coq, mais moi, tout ce que je trouve à dire c'est : "maman, regarde là y'a un animal!" Ma maman pensait que je parlais de celui qui était sous nos yeux, mais non, moi je faisais référence à la seule et unique fourmi qui se promenait sur la dalle. Et quand maman me dit "Et tu as vu l'oiseu bleu?" je demande "Hum...? Quel oiseau...?"
Il y avait un paresseux en liberté, mon tonton a dit qu'il ressemblait à mon père mais j'ai pas saisi la blague.
On a continué notre promenade dans le jardin japonais :
Et on a mangé au Chinois pour rester sur le même continent.
Je suis tombé de ma chaise au resto, puis en sortant je me suis fracassé le crâne sur une pierre saillante. "Comme d'habitude..." dit maman.
Il y a eu quelques jeux, des toboggans, des balançoires... Et puis on a continué vers l'Afrique : éléphants, girafes...
Après le goûter, on a fait les rapaces. On a même vu un vautour mais il nous tournait le dos. Alors papa a dit à tonton : vas-y, fais le mort ça va l'attirer".
Après la ferme, les lapins et les chevaux, on a décidé de rentrer.
Le lendemain, j'étais debout à 6h30, et là maman a déclaré forfait. Je comprends pas, moi je suis en pleine forme.
07 mai 2012
Où on ne parlera pas des élections, mais de moi (bah quoi?)
Pour des raisons d'éthique, je ne parlerai pas de l'élection de notre nouveau président, parce que quand ça parle politique, ça part toujours en cacahouète. Etant donné que c'est un domaine où il n'y a pas de solution évidente aux problèmes d'un pays, pas de solution "miracle" à appliquer ou à ne pas appliquer, je m'abstiens de tous commentaires.
Parlons plutôt de mon rôle de citoyenne modèle : en plus de voter, je dépouille. C'est-à-dire que ma mission est d'ouvrir plusieurs centaines d'enveloppes, toutes plus fines et pernicieuses les unes que les autres. Au bout d'un moment d'ailleurs, à force de frotter mon index sur le bord des enveloppes, je me suis mise à saigner, donc oui je peux le dire : j'ai versé mon sang pour la France.
Il y a 15 jours, un monsieur est venu me voir à la fin, pour me demander gentiment comment s'était passé mon premier dépouillement. Je lui dit que ce n'était pas ma première fois, ce à quoi il me répond : "Ah bon, je croyais que vous aviez 18 ans".
Bon alors, soit je fais petite gamine, soit ma peau est merveilleusement hydratée.
26 avril 2012
L'épreuve de la rentrée
... Pas juste la rentrée des vacances de Pâques (perso le 7 mai donc ça va on a encore un peu de temps devant nous) mais LA rentrée, la toute première dans l'existence de nos chérubins.
Pour mon fils c'était simple : il est né en février donc a fait sa première rentrée scolaire à deux ans et demis. Après une semaine de pleurs au moment où je partais, il s'est calmé quand il s'est rendu compte que je revenais à chaque fois, et qu'il pouvait faire plein de choses qu'on ne fait pas forcément à la maison.
Mais voilà que pour ma fille, j'ai un gros dilemne : elle aura deux ans en juillet, donc 26 mois à la rentrée. Tout d'abord, j'ai cru qu'elle ne serait pas acceptée (avec toutes ces suppressions de postes...) mais apparemment, à la condition qu'elle soit propre, il y aurait moyen.
Les inscriptions se font dans deux semaines, et je me pose toujours cette question : je l'inscris ou pas!?
Arguments contre :
* Elle est encore jeune et ne parle quasiment pas. Même si elle commence et aura fait de toute évidence d'énormes progrès d'ici septembre, je me demande si elle va savoir s'expliquer s'il y a un souci.
* On n'a même pas encore commencé l'apprentissage de la propreté.
Arguments pour :
* Lorsque je l'emmène chercher son frère, elle est fasciné par l'école, elle veut déjà entrer dans la classe. La séparation avec sa maman n'a pas l'air de l'effrayer.
* J'aimerais reprendre le travail à terme, donc ça m'obligerait à patienter encore un peu chez moi.
***
En fait, j'ai déjà ma petite idée : septembre 2012 sera beaucoup trop tôt. Mais j'ai peur qu'elle s'ennuie d'ici septembre 2013... Je pourrais la mettre en janvier 2013, mais là j'ai peur qu'elle n'arrive en milieu d'année "comme un cheveu sur la soupe" alors que tout le monde a déjà son groupe de copains/copines.
Donc en fait, je n'ai toujours pas ma petite idée.
HELP ME!!!
06 avril 2012
Le défi des 100 jours
Je m'étais promis, si la situation avec Chéri s'améliorait, de profiter à fond de cette période zen qui allait suivre : le bonheur de se dire qu'on a atteint le bonheur...
C'est vrai, j'étais tranquillou dans ma nouvelle maison, à fignoler le reste des travaux à faire, à profiter du nouveau statut de citadine en me baladant, chose que je ne pouvais pas faire avant, je profitais de mes enfants, qui commencent à grandir et donc la période "pipi-caca-vomi" est bientôt terminée, et puis pour couronner le tout, il faisait super beau, on se croyait l'été (et moi le soleil me met toujours de bonne humeur).
Et paf, surdité de Chéri.
Prothèse qui ne marche pas.
Dossier cotorep.
Boulot et donc salaire remis en question.
Il y a quelques jours, Chéri est passé par la médecine du travail, qui nous a finalement donné une très bonne nouvelle : Chéri peut reprendre. Malgré sa semi-surdité, ils l'autorisent à re-travailler, ce qui fait que notre situation redevient "comme avant".
Ainsi donc je fais des bonds de joie et j'ouvre le champagne.
Mais je serais bien bête si je ne voyais pas là un signe. Encore plus bête si je n'y prêtais pas attention.
Nous ne serons jamais "comme avant" puisque Chéri n'est qu'à 50% de sa capacité auditive, et les médecins sont toujours dans le brouillard quant à savoir s'il récupérera un jour.
Ces trois derniers mois, j'ai eu peur, très peur même, de ne plus nous en sortir à la fin du mois, de proposer des pâtes à l'eau à mes enfants, d'annuler tout loisir potentiel, de raccomoder des vêtements abîmés. Un seul salaire pour 4 personnes, c'est finalement assez dangereux, et comme Chéri n'est pas tout à fait sorti d'affaire, j'en suis venue à la conclusion qu'il serait judicieux de ne pas mettre ses oeufs dans le même panier. (Expression que je gardais sous le coude à l'approche de Pâques)
J'ai donc pris la décision de prendre les choses en main.
Et puis ce matin, je suis tombée sur ce site : le défi des 100 jours.
Tu t'engages pendant 100 jours à t'améliorer sur le point que tu veux : perdre du poids, trouver un nouveau job, construire le Titanic en allumettes, qu'importe (Sur ce dernier point, méfie-toi, tu risques d'être invité un mercredi pour parler de ta passion.)
Et dans 100 jours, ou à peu de choses près, c'est le deuxième anniversaire de ma fille, qui me servira donc de point de repère quant à la date "butoir" de mon bilan.
Mes projets? Me remettre au sport, perdre les deux kilos superflus qui se sont greffés à mon tour de hanche, apprendre la propreté à ma fille, finir la construction du garage, arrêter de ressasser toujours les mêmes histoires dans ma tête, et comme nous ne partirons pas en vacances cette année encore, faire des petites journées plage/balade/pique-nique...
Techniquement, je n'ai pas besoin d'un site pour me motiver (la preuve : je ne suis pas inscrite), et je l'aurais fait d'une manière ou d'une autre, mais avoir un objectif plus précis, avec une date à l'appui, va m'obliger à "rendre des comptes". Te l'écrire aussi, d'ailleurs, je ne peux plus me défiler et prétendre avoir oublié que je te l'avais dit, puisque c'est écrit noir sur blanc.
Je l'ai souvent dit : toi petit lecteur inconnu, t'es comme mon psy.
02 avril 2012
Pause (et) Lecture
Dans quelques pages, j'aurai fini la biographie de Françoise Dolto, qui m'a beaucoup interessée. Ses thèses ne sont pas décrites avec précision, puisqu'il s'agit surtout de raconter son histoire, sa vie, son parcours semé d'embûches.
On la connait surtout comme la première psychiatre pour enfants - à une époque où on pensait qu'il n'était qu'un "tube disgestif" - et pourtant son enfance est un roman à elle seule.
Alors qu'elle n'a que 11 ans, sa soeur ainée meurt d'un cancer des os et sa mère reporte toute sa tristesse sur Françoise, lui laissant une énorme culpabilité (elle n'hésite pas, d'ailleurs, à dire qu'elle n'est pas son enfant préférée!). Elle la bloque dans ses études également : une fille de bonne famille ne va à à l'université, elle se marie et a des enfants.
Contre toute attente, malgré la pression, les préjugés et sa mère qui lui coupe les vivres, Françoise travaille comme infirmière tout en faisant sa médecine, et devient la psychiatre qu'on connait, très moderne dans ses idées, et surtout une femme libre, "née trop tôt dans un monde trop vieux" selon son expression.
Personnellement, j'adore ces personnes qui surmontent les problèmes de la vie et en font leur force...
Pour aller de paire avec cette biographie, j'ai également lu "Mère épuisée" de Stéphanie Allenou.
Cette jeune mère raconte son expérience personelle (une petite fille née en 2002 puis des jumeaux deux ans après), ponctuée de cris, de jalousie, de bagarre, de courses folles avec une poussette double et une vie monotone, triste car elle est souvent seule.
Une bonne occasion de se dire : "Moi aussi j'ai le droit de baisser les bras parfois".
Pour mieux rebondir après...
29 mars 2012
"Life is unfair..."
Hier, la maitresse de Canaille m'a prévenue à 16h30 : "Canaille n'a pas été très sage, il a été puni". Eh v'là, 4 ans et ça commence les emmerdes. Même en Petite Section de maternelle, il y a des enjeux très graves, qui va au tableau, qui a la meilleure place, qui a le sac Cars et qui ne l'a pas, il y a des jalousies, des cris, de la bagarre et des punitions.
Pas vraiment contente d'avoir entendu que mon fils avait poussé un autre garçon, je le somme de raconter en détails l'affaire, une fois rentrés. Apparemment, un certain Y. aurait piqué une grosse colère, aurait jeté les jouets du coin cuisine, Canaille qui était là lui aurait dit de se calmer, ce qui n'était pas au goût de Y. qui l'aurait poussé, donc Canaille l'a re-poussé. La maitresse arrive à ce stade, ne voit que le fait que Canaille pousse son copain, et paf, c'est lui qui est puni, pas l'autre.
[Je mets du conditionnel parce qu'à 4 ans, on n'a pas encore appris toutes les règles de narration, ça a été difficile de comprendre, et puis je ne veux pas non plus donner la bonne parole à mon fils... Sait-on jamais.]
Après ce récit (chaotique) où je pense entr'apercevoir la scène, je sens une grosse boule dans ma gorge. "C'est lui qui m'a poussé ouiiin j'vais le dire à la maitresse" n'est pas en soi un problème oui mon fils, t'en verras d'autres. Etre puni en classe ne va pas contrarier son avenir, non non.
Mais là en fait j'ai une période "j'en ai marre", sur un point dont personne n'a la réponse : pourquoi la vie est-elle si injuste?
Pourquoi certains (toujours les plus gentils) tombent-ils malades?
Pourquoi certains qui souhaitent travailler, souvent courageux et qui ne rechignent pas à faire des tâches ingrates, ne trouvent rien, pendant que des fainéants bullent avec un poste pépère?
Pourquoi les gens francs s'en prennent-ils plein la tête, alors que les hypocrites sont bien vus?
Pourquoi on dit toujours que "la roue tourne" pour se remonter le moral, ou pour remonter le moral des autres qui souffrent, mais qu'elle met des années à tourner?
Faut-il voler, truander, mentir pour s'en sortir indemne dans la vie? Faut-il renier ses propres valeurs?
Et surtout : comment puis-je expliquer à mon fils de 4 ans que même si on a des bonnes intentions, les autres ne le voient pas? Que d'une manière générale, les gens ne voient que ce qu'ils veulent voir, c'est-à-dire pas plus loin que le bout de leur nez? Et qu'on risque fort de finir en Don Quichotte, à se battre contre des moulins à vent...
22 mars 2012
2012, l'année de la lose.
On avait quitté Chéri à ce stade, handicapé du bras gauche et sourd de l'oreille droite. Qu'en est-il aujourd'hui?
Le médecin nous avait fait peur, il est bien gentil mais il utilise parfois des termes polysyllabiques qui ne disent rien qui vaille, et il pensait que les deux symptômes, arrivés en deux semaines de temps, n'avaient rien d'une coïncidence.
Du coup, il parle de "problème neurologique" et de "sclérose en plaque", ça fait tout drôle quand tu sais que Chéri prend à peine deux aspirines par an d'habitude. La neurologue avait plutôt dit que les deux n'était pas liés, mais au cas où, elle prescrit une IRM, et en avant marche les examens.
Résultat rapide : il n'y a rien dans le cerveau de Chéri.
Mais alors... l'oreille? les vertiges? sa surdité?
Une fois qu'on a réussi à dire que le bras n'avait "rien", et que ça allait guérir sans traitement (juste du repos) il s'est avéré que la situation s'est améliorée. *Petit soupir de soulagement, on reprend son souffle pour la suite*
Pour l'oreille, l'ORL est bien embêté. Après tant d'années d'études, il n'a pas su et ne sait toujours pas dire de quoi il en retourne. "Attaque virale" est la seule cause pour l'instant, mais de quel virus il s'agit? comment c'est arrivé? est-ce que ça guérira? Mystère...
Mardi, nouveau contrôle de l'évolution de la surdité. (Il nous avait laissé un maigre espoir tout de même, le coquin!). Sauf que rien n'a changé.
L'ORL parle donc de prothèse, chose qu'on espérait d'ailleurs. C'est pas tout ça, mais ça fait deux mois que Chéri est en arrêt maladie (il travaille sur les autoroutes, donc il ne peut pas se permettre d'être sourd! Déjà à 100% de ses capacités auditives sa vie dépend de fous du volant...). Chéri est donc un lion en cage, mais ça encore ça peut aller puisqu'il peut réutiliser son bras et n'a plus de vertiges. C'est déjà ça...
Non, le souci, c'est qu'au bout de trois mois, l'employeur de Chéri ne paye plus que demi-salaire. Pas la peine de partir dans des calculs Maths Sup' : on n'arrivera jamais à vivre à 4 avec 600€ !!
Il y aurait la solution que la prothèse fonctionne, et Chéri pourrait reprendre... Mais la prothésiste a déjà prévenu que si c'était le nerf auditif qui était atteint, ça ne fonctionnerait pas...
Il y aurait la solution que l'assurance decide de bouger ses fesses, pour finir le dossier, le signer, et nous fournir un complément de salaire qui nous ferait boucler les fins de mois. Mais vue leur capacité à se motiver, j'ai un doute.
Il y aurait aussi la solution que je trouve un travail. Ça ne me dérange pas du tout mais ça me fout le moral au trente-sixième dessous. Parce que ça signifie que Chéri va être sourd toute sa vie, qu'on ne pourra rien faire pour lui, qu'il aura une carte cotorep, qu'il ne pourra plus bosser comme avant, qu'il sera sûrement placé dans un bureau et qu'il n'aime pas ça, si encore on veut bien lui fournir un nouveau travail bien sûr.
Me voilà donc en train de faire des lettres de motivation tout en étant démotivée...
15 mars 2012
Je n'ai plus de poignet...
Je t'écris en direct live avec la main gauche, et avec un seul doigt s'il-te-plait, je mets donc 5 minutes par phrase, et je fais souvent des fautes de frappe... Je corrige, je reviens en arrière, je galère pour les majuscules... Le pied quoi!
Euh non, pas le pied, plutôt le poignet...
Je donne la douche à Coccinelle, pieds nus, pantalon retroussé... Tout va bien.
Jusqu'au moment où... ben oui, tu devines : pieds nus + carrelage glissant = belle gamelle, heureusement la douche est "à l'italienne" donc y'a de la place.
J'atterris sur les fesses, ça ça va. Y'a une réserve qui amortit la chute, je m'en sors avec un hématome.
Sauf que j'ai eu ce vieux réflexe d'essayer de me retenir vaguement à quelque chose qui n'existait pas.
Ma main a rencontré le sol, ça se plie, c'est l'articulation qui prend... Adieu, poignet. Toutes ces années où je t'utilisais sans me rendre compte réellement à quel poing... euh non à quel point, je tenais à toi...
Il est gonflé, il me lance dès que j'essaie de bouger, mais je ne pense pas qu'il soit cassé. Au pire, je verrai demain comment ça a évolué et tu auras peut-être la chance de lire un prochain article : "comment s'est déroulé ma veille de week-end aux Urgences?". Ou pas.
*
"Quelle idée d'essayer de faire du surf dans la douche!" (Chéri)














